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1854   Grille 5×5 — Bigrammes

Chiffrement Playfair en ligne

Résultat instantané Grille 5×5 interactive Chiffrement et déchiffrement
⊞ Outil interactif
Règles de préparation du texte :
· Les espaces et ponctuation sont ignorés
· I et J sont fusionnés (I = J)
· Si une paire contient deux lettres identiques, on insère un X
· Si le texte a un nombre impair de lettres, on ajoute un X à la fin
La clé remplit la grille en premier (sans doublons), puis les lettres restantes dans l'ordre alphabétique (I=J).
Entrez un texte et un mot-clé…

Histoire du chiffrement Playfair

Le chiffrement Playfair fut inventé en 1854 par le physicien britannique Charles Wheatstone, mais il doit son nom à Lord Lyon Playfair, ami de Wheatstone qui le popularisa et en défendit l'adoption auprès du gouvernement britannique. C'est l'un des premiers exemples de chiffrement digrammatique : il chiffre les lettres deux par deux (par paires, appelées bigrammes) plutôt qu'une par une.

Le gouvernement britannique fut convaincu par Playfair de l'utilité de ce chiffrement pour les communications militaires de terrain, car il était suffisamment simple pour être utilisé sans équipement électronique tout en étant bien plus résistant que le César ou Vigenère face à l'analyse de fréquences classique. Il fut utilisé pendant la Seconde Guerre des Boers (1899–1902) et lors de la Première Guerre mondiale.

Pourquoi est-il plus solide que César ?

Contrairement aux substitutions monoalphabétiques, Playfair chiffre des paires de lettres. Cela signifie qu'une analyse de fréquences classique sur les lettres individuelles ne fonctionne plus directement. Il faudrait analyser les bigrammes (paires), ce qui nécessite un texte beaucoup plus long pour obtenir des statistiques significatives. En anglais, les bigrammes les plus fréquents sont TH, HE, IN, ER, AN — en français : ES, EN, DE, LE, NT.

Néanmoins, Playfair reste cassable par un cryptanalyste expérimenté. Il présente des faiblesses structurelles : deux lettres dans la même ligne ou colonne donnent toujours des lettres dans la même ligne ou colonne, ce qui laisse des patterns exploitables.

1854Invention
5×5Taille de la grille
25Lettres (I=J)
2Lettres chiffrées à la fois

Comment fonctionne Playfair ?

1. Construction de la grille

On écrit d'abord le mot-clé (sans doublons, en fusionnant I et J) dans la grille 5×5, puis on complète avec les lettres restantes de l'alphabet dans l'ordre. Par exemple avec la clé ALKINDI :

Grille avec la clé ALKINDI
A  L  K  I  N
D  B  C  E  F
G  H  M  O  P
Q  R  S  T  U
V  W  X  Y  Z

2. Préparation du texte

On divise le texte en bigrammes (paires de 2 lettres). Si une paire contient deux lettres identiques, on insère un X entre elles. Si le texte a un nombre impair de lettres, on ajoute un X à la fin.

Exemple : BALLON
BA LL ON → BA LX LO NX

3. Les trois règles de chiffrement

Pour chaque bigramme, on regarde la position des deux lettres dans la grille. Une seule règle s'applique, selon leur configuration :

Règle 1 — Les deux lettres sont sur la même ligne
On remplace chaque lettre par celle qui est immédiatement à sa droite sur la même ligne.
Si une lettre est en bout de ligne, on revient au début.

Exemple avec la clé ALKINDI — paire AL :
  A L K I N  ← ligne 1
  A est en colonne 0 → remplacé par L (colonne 1)
  L est en colonne 1 → remplacé par K (colonne 2)
  AL → LK

Pour déchiffrer : on décale à gauche au lieu de droite.
Règle 2 — Les deux lettres sont sur la même colonne
On remplace chaque lettre par celle qui est immédiatement en dessous dans la même colonne.
Si une lettre est en bas de colonne, on remonte en haut.

Exemple avec la clé ALKINDI — paire AD :
  A  ← ligne 1, colonne 0
  D  ← ligne 2, colonne 0
  A → remplacé par D (la lettre en dessous)
  D → remplacé par G (la lettre en dessous)
  AD → DG

Pour déchiffrer : on décale vers le haut au lieu du bas.
Règle 3 — Les deux lettres forment un rectangle (cas général)
C'est le cas le plus fréquent. Les deux lettres sont sur des lignes et des colonnes différentes.
Elles forment les deux coins d'un rectangle dans la grille.
On remplace chaque lettre par le coin du rectangle qui est sur sa propre ligne, mais dans la colonne de l'autre lettre.

Exemple avec la clé ALKINDI — paire AE :
  A est en ligne 1, colonne 0
  E est en ligne 2, colonne 3
  Rectangle : coins A(1,0) — N(1,3) — D(2,0) — E(2,3)
  A → prend la colonne de E → N (ligne 1, colonne 3)
  E → prend la colonne de A → D (ligne 2, colonne 0)
  AE → ND

Pour déchiffrer : la règle est identique, car le rectangle est symétrique.

En résumé : même ligne → droite, même colonne → bas, sinon → coins du rectangle. Pour déchiffrer, on inverse les deux premières (gauche, haut), la troisième reste identique.