Le chiffre de Beaufort porte le nom de l'amiral irlandais Sir Francis Beaufort (1774–1857), célèbre pour son échelle de mesure de la force du vent. Ce chiffrement fut décrit par lui au milieu du XIXème siècle comme une variante du chiffre de Vigenère.
La particularité remarquable du chiffre de Beaufort est qu'il est autoréciproque (involutory) : appliquer le chiffrement une seconde fois avec la même clé redonne le texte d'origine. Autrement dit, chiffrer et déchiffrer sont exactement la même opération. Cette propriété le rendait particulièrement pratique sur le terrain, car l'opérateur n'avait besoin que d'une seule procédure.
Là où Vigenère additionne la clé au texte clair (C = P + K mod 26), Beaufort soustrait le texte clair de la clé (C = K − P mod 26). Cette inversion est ce qui rend le chiffre autoréciproque.
Le chiffre de Beaufort partage les mêmes vulnérabilités que le chiffre de Vigenère : la répétition de la clé permet d'utiliser le test de Kasiski pour déterminer la longueur de la clé, puis l'analyse de fréquences sur chaque sous-groupe de lettres pour retrouver chaque caractère de la clé. La seule différence est que la soustraction est inversée lors de la récupération de la clé.
C−A=C (2−0=2), L−T=R (11−19=−8→18), E−T=K (4−19=−15→11), C−A=C (2−0=2), L−Q=V? Non : L−Q = 11−16 = −5 → 21 = V…
Vérification : réappliquer Beaufort sur CRHCNAE avec la clé CLE redonne ATTAQUE.