Le chiffrement de César est l'un des systèmes cryptographiques les plus anciens et les plus connus au monde. Il tire son nom de Jules César (-100 av. J.-C. – -44 av. J.-C.), général et homme d'État romain, qui l'utilisait pour ses communications militaires confidentielles.
L'historien latin Suétone rapporte dans sa biographie "Vies des douze Césars" (vers 121 ap. J.-C.) que Jules César utilisait ce chiffre avec un décalage de 3 positions : le A devenait D, le B devenait E, et ainsi de suite.
À l'époque de César, la majorité de la population était analphabète. Un message écrit était déjà rare, et un message chiffré était pratiquement incompréhensible pour la plupart des intercepteurs potentiels. César utilisait aussi parfois l'alphabet grec au lieu du latin pour une protection supplémentaire.
Son neveu Auguste César utilisait quant à lui un décalage de 1, remplaçant chaque lettre par la suivante dans l'alphabet — un chiffrement encore plus simple.
Le chiffre de César reste utilisé bien au-delà de l'Antiquité. On retrouve des principes similaires de substitution alphabétique dans de nombreuses civilisations : l'Atbash hébraïque (présent dans la Bible, notamment le livre de Jérémie) repose sur une logique d'inversion miroir — A↔Z, B↔Y — et non sur un décalage, ce qui en fait un chiffrement distinct du César. Le chiffrement de César constitue néanmoins la base de nombreux systèmes plus complexes, dont le chiffre de Vigenère qui en est une généralisation polyalphabétique.
Aujourd'hui, bien que cryptographiquement inutile (il est cassable en quelques secondes), le chiffrement de César reste fondamental pour enseigner les bases de la cryptographie et comprendre les notions de chiffrement par substitution.
Le principe est simple : on décale chaque lettre de l'alphabet d'un nombre fixe de positions. Si le décalage est 3, le A devient D, le B devient E, le C devient F… Quand on arrive à la fin de l'alphabet, on "boucle" : le X devient A, le Y devient B, le Z devient C.
Pour une lettre de rang x (A=0, B=1, … Z=25) et un décalage n :
Le chiffrement de César n'offre que 25 décalages possibles (le décalage 0 étant inutile). Un attaquant peut simplement essayer tous les décalages — c'est ce qu'on appelle une attaque par force brute — et trouver celui qui donne un texte lisible. Notre outil "Brute-force" ci-dessus fait exactement cela.
On peut aussi utiliser l'analyse de fréquences : en français, la lettre la plus fréquente est le E. Si dans le texte chiffré la lettre la plus fréquente est le H, alors le décalage est probablement +3.
Continuez votre exploration de la cryptographie